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Gabriele von Beckerath

1939-2012

« En ce jour de grande tristesse, je voudrais essayer en quelques mots de rendre hommage à Gabriele von Beckerath.
Née en Allemagne dans la région du Bas-Rhin, elle descendait d’une famille aux origines huguenotes, de grands entrepreneurs ennoblis pour leurs mérites dans le domaine de la fabrication des soieries.
D’une grande sensibilité esthétique, Gabriele a commencé sa vie professionnelle en bijouterie et dessin graphique, puis elle s’est orientée vers une tout autre direction, liée à son choix de vie et a créé un magasin de produits biologiques.
C’est ce fort engagement qui a toujours caractérisé sa vie, avec d’un côté la protection de l’environnement (elle a entre autres milité dans le mouvement antinucléaire et ce depuis 30 ans déjà) et de l’autre les causes humanitaires.
Évidemment, elle était - on peut dire presque depuis toujours - une féministe très engagée.
En 1986, nous nous sommes installées à Roussa dans le Gers, suivant l’exemple de Saouis et Prat, que vous connaissez sans doute comme maisons d’accueil pour femmes, suivant l’idée de créer des lieux réservés exclusivement aux femmes.
À Roussa, Gabriele s’est consacrée pendant de longues années au soin du jardin potager et du bien-être d’une multitude de vacancières, cuisinant avec talent de généreux repas végétariens. Elle était une excellente hôtesse qui s’intéressait aux autres avec un grand sens  de l’écoute.
Avec son installation à Toulouse, c’est une toute nouvelle étape de sa vie qui a commencé. La communauté lesbienne toulousaine l’ayant accueillie avec le cœur sur la main, Gabriele s’y est sentie tout à fait dans son élément.
Ici, elle profitait pleinement d’une très riche vie culturelle qui lui avait fait défaut à la campagne, avec cinémas, concerts, expositions, librairies et bibliothèques.

 

 

Elle appréciait beaucoup une aussi riche vie féministe et a pu faire beaucoup de rencontres et nouer des amitiés sincères. C’est vrai qu’elle n’était pas toujours commode avec ses amies, mais je sais que vous êtes nombreuses à lui avoir apporté un soutien précieux. Je pense en particulier à certaines d’entre vous, et je suis sûre que vous vous reconnaîtrez…
Toute la vie de Gabriele a malheureusement été accompagnée ou interrompue par d’innombrables séjours à l’hôpital. Sa fragilité physique et sa force de caractère se trouvaient dans une balance très précaire. Je crois que beaucoup d'entre nous l'ont admirée pour le courage extraordinaire avec lequel elle supportait et surmontait ces épreuves. Jusqu’à sa fin tragique, elle a gardé cette dignité qui force le plus grand respect.
J’aimerais aussi rendre hommage à Angelika, sa sœur, qui l’a accompagnée pendant ses dernières et terribles quatre semaines.
Pour finir, j’aimerais encore évoquer un côté un peu plus méconnu de Gabriele, qui est qu’elle avait trois enfants de cœur. Elle leur était proche, offrant toute son affection et distribuant avec un grand sens de la justice argent de poche et rebuffades éducatives. Elle aimait ses enfants Dina, Fabian et Sonja qui ne l’oublieront jamais.
Gabriele va beaucoup me manquer. »
Monika, Cornebarrieu, 12 septembre 2012


POUR GABRIELE

Gabriele, tu ne nous quittes pas.
Ton écoute de chacune, ta solidarité à l'égard de toutes seront présentes en nos vies.
Intéressée par tout ce qui était d'avant-garde, tu as excercé un certain mécénat auprès de femmes artistes et ces œuvres revivront sur d'autres murs.
Tout ce que nous avons partagé avec toi – musiques, spectacles, expositions, voyages, lectures, multiples découvertes, luttes féministes et folles diatribes – sera porté par le vent du soir.
Et c'est, essentiellement, ton courage face à l'adversité qui restera notre modèle.
Gabriele, ouvre-nous encore la porte avec ton allure altière et ton « aura » indéfinissable...
Pierrette, 12-15 septembre 2012


 bagdam@bagdam.org
Dernière mise à jour : 27 novembre, 2012