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Johanne Coulombe
1957-2021


Johanne, © Karine Lhémon



Notre amie Johanne Coulombe a été foudroyée par un cancer, le 22 juillet 2021. Elle avait 64 ans.

Plusieurs fois invitée par le Printemps lesbien, avec Dominique Bourque, pour présenter leurs nombreuses réalisations, cette militante magnifique et si chaleureuse était, entre autres, cocréatrice de la revue Amazones d’hier, Lesbiennes d’aujourd’hui, membre du Réseau des lesbiennes du Québec, cofondatrice des Éditions Sans fin (« ébranler les visions majoritaires du monde en diffusant la pensée lesbienne ») et de la revue Grenades.



Atteinte d’un cancer foudroyant, Johanne Coulombe est décédée le 22 juillet 2021. Gardant son humour jusqu’à
la fin, Johanne est partie sereinement, entourée de sa tendre conjointe Céline Lessard et de ses toutes proches, Dyane, Danielle, Dominique, Danièle, Pascale, Louise.

Johanne Coulombe est une figure lumineuse des engagements lesbien et humanitaire qui combattent, en toute intelligence, les injustices sociales. Johanne sera entre autres membre de la revue Amazones d’hier, Lesbiennes d’aujourd’hui, membre du Réseau des lesbiennes du Québec et cofondatrice des éditions Sans fin et de la revue Grenades.

Rieuse et frondeuse, Johanne Coulombe le fut autant dans son activisme lesbien que dans son milieu familial.
Elle laisse ainsi dans le deuil ses sœurs et ses frères Denise, Lucile, Pierre, Alain et leurs conjoint-e-s ainsi que ses neveux et leurs conjointes Frédéric, Olivier, Patrick, son filleul David, ses petits-neveux et petites nièces Arnaud, Florent, Antoine, Naomi, Daphnée.

Louise Turcotte
23 juillet 2021




À toi Johanne, guérillère

par Jacqueline Julien, Bagdam Espace lesbien

Johanne, chère Jojo, ce n’est qu’un au revoir.
Au revoir au paradis très spécial des lesbiennes,
des gouines Sans Fin où nous nous retrouverons,
nous les naughty grrrrls à jamais.

Johanne, chère Jojo, je te salue affectueusement,
Avec le souvenir tellement ému et fort
De nos diverses retrouvailles
À Montréal, à Toulouse bien sûr
(Ô toi à Folles Saisons avec Dominique !) Et à la pêche à la baleine.

Je les garde ces images et ces sons de ta voix gouailleuse
Et les emporterai en bagage
Quand ce sera mon tour de monter
noues retrouver.
Quelle fiesta là-haut !

Plus sérieusement, simplement…
Je t’admire et t’accompagne en pensée radicale.
Toutes ces noues avec toi. Quelle armée !

Jacqueline Julien
Bagdam Espace lesbien, Toulouse, et tout partout, comme les vilaines filles.
20 juillet 2021





L'Euguélionne, librairie féministe
Montréal, 23 juillet 2021

Nous apprenons avec une grande tristesse le décès de Johanne Coulombe, une militante d'exception qui nous a encouragé.es et fait confiance dès les premiers jours de la librairie.
D'une humilité et d'un dévouement exceptionnel, Johanne ne cherchait pas l'attention médiatique ni le capital symbolique. Au contraire, toute sa vie elle s'est engagée dans un travail invisible, mais essentiel à la survie des mouvements féministes et lesbiens. Dans les dernières années, elle se consacrait bénévolement aux incroyables Éditions Sans Fin, dont elle était cofondatrice. Cette maison d'édition a pour mission d'ébranler les visions majoritaires du monde en diffusant la pensée lesbienne.
À travers la mise en avant de leurs différents titres (photo), nous espérons, bien modestement, contribuer à garder vivante la mémoire de Johanne.
Nos pensées les plus douces et les plus solidaires à ses proches ??
?
La page facebook de l'Euguélionne



Quelques titres des éditions Sans fin,
créées par Johanne Coulombe avec Dominique Bourque




Une perte immense, mon chagrin abyssal

Par Karine Lhémon

Jojo, notre chère Johanne Coulombe s’est éteinte en toute sérénité à son domicile, à 12 h 40 heure locale, le 22 juillet 2021, entourée de ses proches et famille.
Sa disparition est une perte immense, mon chagrin abyssal. 
Je pense à Céline Lessard, sa compagne de 33 ans de vie commune, Dominique Bourque, sa famille et amies.
C’était une femme d'exception, une grande figure de militantisme lesbien, drôle, enjouée, passionnée par son travail de défrichage, de transmission de mémoires lesbiennes avec les éditions Sans Fin, la revue Grenade réalisée avec Dominique Bourque avec qui elle a créé une œuvre formidable d’archives lesbiennes, son engagement au RLQ (Réseau des lesbiennes du Québec) et d’autres bénévolats auprès d’enfants en difficulté ...  
Elle a consacré sa vie aux autres, en faisant don de sa personne avec une extrême générosité, avec humour et grande affection.
J’ai eu la chance de la rencontrer grâce au film que j’ai fait, Cerveaux mouillés d’orages, et pour lequel elle avait eu un coup de cœur.
Coup de cœur aussi pour les protagonistes du film, Hélène, Laurence et moi.
Elle n’a eu de cesse alors que de programmer le film et nous inviter pour des projections à Ottawa et Montréal.
Une grande amitié est née qui nous a fait se voir et se revoir depuis cinq ans de part et d’autre des continents qu’elle aimait tant parcourir. Particulièrement pour venir voir ses amies en France.
J’ai des souvenirs de partages intenses, de travail pour donner à voir les œuvres de Cocopirate à Lyon, d’une danse effrénée nues à rire et chanter sous la pluie dans le jardin d’Hélène en Ardèche, du colloque « Artivisme Lesbien à l’ère de la mondialisation », à Ottawa, d’un road trip mémorable en Gaspésie à quatre.
Dans ces portraits que j’ai fait d’elle lors de mon dernier séjour à Montréal, elle posait fièrement en arborant son indéfectible sourire et la belle chemise choisie pour une émission mémorable enregistrée au RLQ. 
Alors terminer par les mots de Joséphine Bacon, grande poétesse innue originaire de Betsiamites, que nous sommes allées écouter ensemble à Montréal et que je lui dédie :

Son corps est toundra
Du coin de l'œil
Je l'observe
Son âme danse
Avec les aurores boréales

Tout horizon rêve
De sa beauté

Karine Lhémon, 23 juillet 2021



 

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Dernière mise à jour : 8 Novembre, 2021